L’euro, vingt ans déjà !

Il y a vingt ans, le 1er janvier 2002, les citoyens de 12 pays de l’UE, dont les citoyens français, avaient entre leurs mains pour la première fois des pièces et des billets en euros, lors de ce qui a constitué le plus grand changement de monnaie de l’histoire mu par l’ambition d’assurer la stabilité et la prospérité en Europe. Aujourd’hui, 69% des Français sont favorables à l’euro, d’après l’Eurobaromètre de l’automne 2021. Et ils ont raison ! Stabilité des prix, taux d’intérêt durablement bas, protection de l’épargne, opportunités accrues pour les investisseurs et bien sûr suppression des coûts de change, l’euro apporte depuis vingt ans de nombreux avantages économiques concrets et simplifie la vie de millions de citoyens européens, travailleurs frontaliers ou voyageurs. 

L’euro, une réussite collective européenne

De Lisbonne à Vienne, en passant par Rome et Athènes, aujourd’hui ce sont plus de 340 millions de personnes dans 19 pays de l’UE qui utilisent l’euro. Symbole de l’identité européenne et socle de stabilité, l’euro est une réussite collective qui dépasse les frontières de l’UE : quelque 60 pays à travers le monde lient leur devise à l’euro d’une manière ou d’une autre.  En vingt ans, l’euro est devenu la deuxième monnaie la plus utilisée au monde après le dollar américain[1] !

Vingt ans d’avantages concrets quotidiens

L’euro est sans doute la réalisation la plus concrète de l’intégration européenne pour les citoyens. Dès le début, l’euro a simplifié la vie de millions de citoyens et d’entreprises pour leurs déplacements et leurs affaires à travers l’Europe.

Auparavant, la nécessité d’échanger des devises impliquait des coûts et des risques supplémentaires dans les transactions transfrontalières. Les réalignements de taux de change qui ont périodiquement traumatisé les économies européennes sont devenus de l’histoire ancienne.

Le niveau de vie et l’emploi ont aussi considérablement augmenté. Depuis l’introduction de l’euro, le revenu moyen dans la zone euro est passé de 20 900 € à 33 230 € et le pourcentage de personnes ayant un emploi est passé de 63,6% à 71,8 %[2].

L’euro a permis de limiter la hausse des prix

Depuis l’introduction de l’euro, l’évolution des prix a été maîtrisée en Europe et en France. Avant l’euro, l’inflation en France pouvait atteindre des niveaux très élevés, jusqu’à plus de 10 % dans les années 1980. Depuis l’euro, la hausse des prix n’a quasiment jamais dépassé 2 % par an[3].

Les prix n’ont donc pas augmenté plus vite depuis qu’on utilise l’euro : c’est même l’inverse qui s’est produit ! (Voir Avec l’euro, tout a augmenté, sauf mon pouvoir d’achat ! Vraiment ?)

La réouverture rapide de nos économies suite à la pandémie de COVID-19 et la flambée des prix de l’énergie liée à la forte reprise économique en Asie et aux aléas climatiques a des effets sur le niveau des prix en Europe. Cependant, c’est une situation exceptionnelle, qui n’est pas appelée à durer.

L’euro a contribué à faire baisser les coûts des emprunts

Depuis la création de l’euro, les taux d’intérêt ont très nettement diminué, réduisant le coût des emprunts pour tous les acteurs : l’État, les entreprises, les ménages. Le taux d’intérêt des crédits aux particuliers est ainsi passé de 5,6% en décembre 1998[4] à 1,12% en novembre 2021[5].

Les dangers d’une sortie de l’euro

Les détracteurs de l’euro, qui sont d’ailleurs de moins en moins nombreux, regrettent le temps des dévaluations. En dévaluant sa monnaie, la France rendrait ses produits plus compétitifs et exporterait davantage. La réalité, c’est que la France importe plus qu’elle n’exporte[6] ! Une dévaluation entraînerait immédiatement une hausse des prix des produits importés et donc une perte de pouvoir d’achat.

Il est illusoire de penser que les problèmes économiques de la France, quel que soit le diagnostic que l’on en fait, disparaîtraient comme par magie avec le retour au franc ! La sortie de l’euro ne ferait que diminuer le pouvoir d’achat et l’épargne des Français, surtout des plus fragiles. Elle provoquerait une remontée des taux d’intérêt et de l’inflation, une dévalorisation des patrimoines et de l’épargne, une augmentation de la dette publique, une fuite des capitaux vers l’étranger, et au total une perte de confiance dans l’économie française et une aggravation du chômage.

L’euro, une monnaie qui évolue

La crise financière de 2008 a provoqué la première grande crise de la zone euro et montré qu’une union monétaire nécessitait une plus grande coordination entre les politiques économiques et budgétaires. Depuis, l’UE a renforcé l’Union économique et monétaire pour que les économies de la zone euro soient mieux préparées en cas de nouveau choc.

Face à la crise économique provoquée par la Covid-19, grâce à l’euro, les États ont pu emprunter massivement sans perdre la confiance des marchés. Et pour la première fois, les États ont décidé d’emprunter en commun pour financer un Plan de Relance européen inédit de 750 milliards d’euros, baptisé NextGenerationEU pour construire une Europe plus verte pour nos enfants et renforcer la convergence économique.

L’euro – monnaie d’avenir

L’euro n’est pas seulement un grand accomplissement de l’Union européenne, mais aussi un projet d’avenir, qui s’adapte aux défis actuels. La Commission et la Banque Centrale européenne étudient l’opportunité de créer un euro numérique, qui offrirait un plus grand choix aux consommateurs et aux entreprises, tout en soutenant la transition numérique de l’UE et en renforçant le rôle international de l’euro.

De nouveaux États membres pourraient rejoindre la zone euro – à commencer par la Croatie, qui pourrait adhérer le 1er janvier 2023, si elle remplit tous les critères. La volonté d’appartenir à la zone euro est peut-être le meilleur signe que l’euro est une monnaie prospère et vivante – et bien plus que cela.

Plus d’informations

[1] En 2020, 38% des paiements internationaux étaient libellés en euros, alors que le dollar en représentait seulement 42%, selon la Banque centrale européenne (disponible uniquement en anglais) : https://www.ecb.europa.eu/pub/ire/html/ecb.ire202106~a058f84c61.fr.html

[2] AMECO / Eurostat. Année de référence : 2020. Données citées dans la campagne “EUROat20” (disponible uniquement en anglais) : https://euro-at-20.campaign.europa.eu/facts-about-euro_fr

[3] Les prix à la consommation ont augmenté de 1,4% par an en moyenne entre 2002 et 2016, c’est moins que les 2,1% d’augmentation observés entre 1986 et 2001, selon l’Insee : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2854085

[4] Banque de France : https://www.banque-france.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/archipel/publications/bdf_bm/etudes_bdf_bm/bdf_bm_67_etu_4.pdf

[5] Taux des crédits nouveaux à l’habitat en novembre 2021, selon la Banque de France: https://www.banque-france.fr/statistiques/credit/credit/credits-aux-particuliers

[6] Importations 2020 : 492,7 milliards d’euros ; exportations 2020 : 428 milliards d’euros. Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381430#tableau-figure1

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