COVID-19 : l’Union européenne, un fiasco sur les vaccins ! Vraiment ?

Depuis juillet, l’Union européenne est le premier continent primo-vacciné au monde, offrant ainsi à la population européenne la meilleure protection contre la COVID-19. Les États membres ont vacciné plus de 80% de leur population adulte. Le tout, en exportant plus de 1,3 milliards de doses à plus de 150 pays !… Un fiasco, vraiment ?

« À un moment où le variant Omicron se propage rapidement et où nous devons intensifier la vaccination et l’administration des doses de rappel, je suis particulièrement satisfaite que le vaccin Novavax ait été autorisé aujourd’hui. Il s’agit du cinquième vaccin sûr et efficace entrant dans notre portefeuille de vaccins, qui offre aux citoyens européens une protection supplémentaire bienvenue contre la pandémie. J’espère que cette autorisation incitera fortement tous ceux qui ne l’ont pas encore fait à se faire vacciner ou à demander leur dose de rappel ; c’est le moment. »

Ursula von der Leyen, le 20 décembre 2021

Alors que la mise au point d’un vaccin est un processus long et complexe, qui dure normalement une dizaine d’années, la stratégie de l’UE pour les vaccins visait à permettre l’élaboration et la mise à disposition de vaccins sûrs et efficaces dans un délai de 12 à 18 mois, voire plus tôt. En l’espèce, nous y sommes parvenus en moins d’un an : plus de 80 % de la population adulte de l’UE est désormais entièrement vaccinée. À ce jour, l’Europe a déjà livré plus de 1 milliard de doses aux États membres, et nous continuons! Si tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui que l’UE a réussi sur les vaccins et qu’elle est trop modeste dans ce succès, il faut se rappeler qu’à l’automne 2020, on parlait de fiasco européen…

La stratégie de l’Union concernant les vaccins est complétée par la stratégie de l’Union en matière de traitements contre la COVID-19. Ces deux stratégies s’inscrivent dans le cadre du renforcement d’une Union européenne de la santé, pour  mieux prévenir les futures pandémies, y faire face et améliorer la résilience des systèmes de santé.

Des vaccins sûrs pour tous … en un temps record !

Dès le début, la Commission a mis l’accent sur la protection de la santé publique et la conclusion des meilleurs accords possibles avec les entreprises afin que les vaccins soient abordables, sûrs et efficaces, en veillant à ce que ces accords soient pleinement conformes à la législation de l’UE, et qu’ils respectent et protègent les droits des citoyens.

Après les avis scientifiques accordés par l’Agence européenne des médicaments le 21 décembre 2020, les 6, 29 janvier, le 11 mars et le 20 décembre 2021, la Commission européenne a autorisé dans la foulée la mise sur le marché des vaccins BioNTech/Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Janssen (Johnson & Johnson) et Novavax. La campagne européenne de vaccination a ainsi commencé les 27, 28 et 29 décembre 2020 dans tous les États membres.

Novavax pourra, à partir du premier trimestre 2022, fournir à l’Union jusqu’à 100 millions de doses de son vaccin contre la COVID-19. Le contrat permet aux États membres d’acheter 100 millions de doses supplémentaires pendant les années 2022 et 2023. Les premières doses devraient arriver lors des premiers mois de l’année 2022 ; pour ce premier trimestre, les États membres en ont commandé environ 27 millions. Celles-ci s’ajouteront aux 2,4 milliards de doses du vaccin BioNTech/Pfizer, aux 460 millions de doses du vaccin Moderna, aux 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca et aux 400 millions de doses du vaccin Janssen.

Le 10 novembre dernier, la Commission européenne a également approuvé le huitième contrat avec une entreprise pharmaceutique, Valneva, en vue de l’achat de son vaccin potentiel contre la COVID-19. Avec ce nouveau contrat, les États membres de l’UE pourront acheter près de 27 millions de doses en 2022. Il prévoit aussi la possibilité d’adapter le vaccin aux nouvelles souches et permettra aux États membres de commander jusqu’à 33 millions de vaccins supplémentaires en 2023.

Si certains pays ont commencé à vacciner un peu avant l’Europe, c’est parce qu’ils ont eu recours à des procédures d’autorisation de mise sur le marché d’urgence – c’est-à-dire en 24 heures. Mais la Commission et les États membres se sont accordés pour ne pas transiger avec les exigences de sécurité et d’efficacité qui sont liées à l’autorisation d’un vaccin. Il faut prendre le temps d’analyser les données, ce qui, même réduit au maximum, nécessite plusieurs semaines. Les citoyens européens peuvent ainsi être assurés que ni la protection de leurs données médicales, ni leur sécurité n’ont été sacrifiées dans ce processus. Il ne s’agit pas de vaccins expérimentaux ! Rappelons qu’un vaccin, c’est l’injection d’une substance active biologique dans un corps sain. On parle ici de vaccination de masse, c’est une responsabilité gigantesque.

Un suivi rigoureux par l’Agence européenne des médicaments

Une fois sur le marché, la sécurité et l’efficacité des vaccins autorisés font l’objet d’un suivi rigoureux continu, comme pour tous les médicaments, via le système bien établi de surveillance des médicaments de l’UE (pharmacovigilance). En temps normal, les fabricants doivent transmettre un rapport de sécurité à l’agence européenne des médicaments tous les six mois. Dans le cas des vaccins contre la COVID-19, l’Agence a mis en place un vaste suivi supplémentaire : les rapports doivent être transmis tous les mois pour chaque vaccin autorisé. L’Agence publie des mises à jour régulières synthétisant ces rapports de sécurité.

Sécuriser et accélérer la production de vaccins dans l’UE

Avec la Task Force mise en place en février 2021 et dirigée par le Commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, l’UE a travaillé en étroite collaboration avec le secteur industriel pour renforcer les capacités de production. La Task Force a cartographié les sites de production et les capacités inutilisées dans toute l’Europe. Nous pouvons désormais compter sur une production mensuelle de plus de 300 millions de doses, de quoi vacciner l’ensemble de la population adulte européenne chaque mois ! Les doses ont également été adaptées pour permettre la vaccination des enfants entre 5 et 11 ans depuis la mi-décembre. Et si cela s’avère nécessaire, nous serons prêts à produire des vaccins adaptés aux nouveaux variants : une réflexion est déjà en cours concernant ce besoin d’adaptation pour le variant omicron.

Par ailleurs, le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission a confirmé la validité de sa nouvelle méthode de détection du variant Omicron. Tous les laboratoires effectuant des tests PCR standards pourront se servir de cette méthode pour détecter et identifier Omicron sans avoir à recourir à un séquençage coûteux et chronophage.

Aujourd’hui, les États membres de l’UE, dont la France, disposent déjà de stocks importants de vaccins (en l’occurrence, plus de 20 millions de vaccins BioNTech/ Pfizer et Moderna en France), ce qui leur permet d’offrir immédiatement les doses de rappel à tous ceux qui ont été entièrement vaccinés il y a cinq mois, et d’ici à la fin du premier trimestre de 2022, la France aura reçu plus de 70 millions de doses.

Enfin, la Task Force a préparé la dimension industrielle du plan européen de préparation en matière de biodéfense contre les variants du coronavirus – qui fait collaborer chercheurs, entreprises de biotechnologie et pouvoirs publics dans l’UE mais aussi à l’échelle mondiale pour détecter les nouveaux variants, promouvoir la mise au point de nouveaux vaccins adaptés, accélérer le processus d’approbation de ces vaccins et augmenter les capacités de fabrication. Les travaux menés ont permis d’assurer le démarrage rapide, dès mi-septembre, de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA). La recherche et l’innovation seront un élément essentiel de l’HERA, qui entend promouvoir et soutenir le développement de technologies médicales, et qui mettra en place de nouvelles capacités de production pour aider l’Europe à réagir plus rapidement et mieux aux futures menaces sanitaires. HERA devrait être pleinement opérationnelle début 2022.

Une réponse mondiale : un vaccin à un prix abordable, pour tous, partout dans le monde

La crise sanitaire que nous traversons est avant tout mondiale. Si la priorité de la Commission est la santé des citoyens de l’Union européenne, elle veut également garantir un accès mondial au vaccin. Quand on voit qu’à l’échelle planétaire, moins de 1 % des doses administrées l’ont été dans les pays à faibles revenus, on ne peut que constater l’ampleur de l’injustice et le degré d’urgence.

À ce stade, l’UE a exporté plus de 1,3 milliards de doses, soit plus de la moitié des vaccins produits en Europe. Les États membres de l’UE ont partagé aussi plus de 350 millions de doses de vaccin avec des pays du monde entier. En outre, les États membres de l’UE ont fourni 45 millions de doses par le biais de dons bilatéraux, par exemple à nos voisins des Balkans occidentaux.

« L’équipe Europe » (soit la Commission européenne, les États membres de l’UE et la Banque européenne d’investissement) a également apporté près de 3 milliards d’euros au mécanisme COVAX (un dispositif mondial d’achat de vaccins pour les pays à revenu faible et intermédiaire), et nous travaillons avec acharnement avec COVAX, les fabricants de vaccins, les donateurs et les pays bénéficiaires, pour accélérer la livraison de doses. Rappelons que l’UE a levé près de 16 milliards d’euros depuis le 4 mai 2020 dans le cadre de la réponse mondiale au coronavirus en faveur de l’accès universel aux tests, aux traitements et aux vaccins et pour la relance. Mais il faut faire davantage !

L’UE a l’intention de partager au moins 700 millions de doses de vaccin d’ici le milieu de 2022 avec des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. L’UE va également intensifier ses efforts en faveur de l’Afrique, où la vaccination est plus faible que dans d’autres régions du monde. Notre objectif est de faire en sorte que 70% de la population mondiale soit vaccinée d’ici mi-2022. L’équipe Europe a ainsi également investi un milliard d’euros pour renforcer les capacités de production de médicaments et de vaccins en Afrique et en Amérique du Sud. Car nous ne pourrons maîtriser cette pandémie que si nous la combattons aux quatre coins du monde.

Par ailleurs, en mai 2021, la présidente Ursula von der Leyen a co-organisé, avec le premier ministre italien, Mario Draghi, le premier sommet mondial sur la santé, au cours duquel les dirigeants mondiaux ont signé la déclaration de Rome sur la préparation et la prévention des pandémies futures. Lors de la session extraordinaire de l’Assemblée mondiale de la santé le 29 novembre dernier, la présidente von der Leyen s’est félicitée de la décision de l’Assemblée d’entamer des négociations pour la mise en place d’un instrument international visant à renforcer la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies. S’appuyant sur les résultats du Sommet mondial sur la santé de mai et sur le sommet du G20 d’octobre dernier, la présidente de la Commission européenne a réaffirmé l’engagement de l’UE à promouvoir l’équité, la bonne gouvernance, la coopération multilatérale et la solidarité comme les seuls moyens de sortir de la crise sanitaire actuelle.

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