COVID-19 : l’Union européenne, un fiasco sur les vaccins ! Vraiment ?

En juillet, l’Union européenne a dépassé les États-Unis, devenant le premier continent primo-vacciné au monde, offrant ainsi à la population européenne la meilleure protection contre la COVID-19. Les États membres ont vacciné plus de 70% de leur population. Le tout, en exportant la moitié de notre production à plus de 100 pays !… Un fiasco, vraiment ?

« En période de pandémie, une année, c’est une longue traversée. Quand je me tenais devant vous il y a 12 mois de cela, je ne savais pas quand nous disposerions (…) d’un vaccin sûr et efficace contre la COVID-19. Mais aujourd’hui, ayant démenti toutes les critiques, l’Europe est à la pointe au niveau mondial. Plus de 70 % des adultes sont entièrement vaccinés dans l’Union européenne. Nous avons été les seuls à partager la moitié de notre production de vaccins avec le reste du monde. Nous avons livré plus de 700 millions de doses dans l’Union européenne, et nous avons aussi livré plus de 700 millions de doses au reste du monde, dans plus de 130 pays.

Nous sommes la seule région du monde à l’avoir fait.

Une pandémie, c’est un marathon, et non un sprint. Nous avons suivi la science. Nous avons tenu nos engagements en Europe. Nous avons tenu nos engagements dans le monde.

Nous l’avons fait de la bonne manière, parce que nous l’avons fait à l’européenne.

Et ça a fonctionné! […] »

Ursula von der Leyen, Discours sur l’état de l’Union, 15 septembre 2021

Alors que la mise au point d’un vaccin est un processus long et complexe, qui dure normalement une dizaine d’années, la stratégie de l’UE pour les vaccins visait à permettre l’élaboration et la mise à disposition de vaccins sûrs et efficaces dans un délai de 12 à 18 mois, voire plus tôt. En l’espèce, nous y sommes parvenus en moins d’un an : plus de 72% de la population adulte de l’UE est désormais entièrement vaccinée. Il faut continuer ! Si tout le monde s’accorde à dire aujourd’hui que l’UE a réussi sur les vaccins et qu’elle est trop modeste dans ce succès, il faut se rappeler qu’à l’automne 2020, on parlait de fiasco européen…

Des vaccins sûrs pour tous … en un temps record !

Dès le début, la Commission a mis l’accent sur la protection de la santé publique et la conclusion des meilleurs accords possibles avec les entreprises afin que les vaccins soient abordables, sûrs et efficaces, en veillant à ce que ces accords soient pleinement conformes à la législation de l’UE, et qu’ils respectent et protègent les droits des citoyens.

Après les avis scientifiques accordés par l’Agence européenne des médicaments le 21 décembre 2020, les 6, 29 janvier, et le 11 mars 2021, la Commission européenne a autorisé respectivement les mêmes jours la mise sur le marché des vaccins BioNTech/Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen (Johnson & Johnson). La campagne européenne de vaccination a ainsi commencé les 27, 28 et 29 décembre 2020 dans tous les États membres.

Si certains pays ont commencé à vacciner un peu avant l’Europe, c’est parce qu’ils ont eu recours à des procédures d’autorisation de mise sur le marché d’urgence – c’est-à-dire en 24 heures. Mais la Commission et les États membres s’étaient accordés pour ne pas transiger avec les exigences de sécurité et d’efficacité qui sont liées à l’autorisation d’un vaccin. Il faut prendre le temps d’analyser les données, ce qui, même réduit au maximum, nécessite plusieurs semaines. Les citoyens européens peuvent ainsi être assurés que ni la protection de leurs données médicales, ni leur sécurité n’ont été sacrifiées dans ce processus. Rappelons qu’un vaccin, c’est l’injection d’une substance active biologique dans un corps sain. On parle ici de vaccination de masse, c’est une responsabilité gigantesque.

Un suivi rigoureux par l’Agence européenne des médicaments

Une fois sur le marché, la sécurité et l’efficacité des vaccins autorisés font l’objet d’un suivi rigoureux continu, comme pour tous les médicaments, via le système bien établi de surveillance des médicaments de l’UE (pharmacovigilance). En temps normal, les fabricants doivent transmettre un rapport de sécurité à l’agence européenne des médicaments tous les six mois. Dans le cas des vaccins contre la COVID-19, l’Agence a mis en place un vaste suivi supplémentaire : les rapports doivent être transmis tous les mois pour chaque vaccin autorisé. L’Agence publie des mises à jour régulières synthétisant ces rapports de sécurité.

Sécuriser et accélérer la production de vaccins dans l’UE

Avec la Task Force mise en place en février 2021 et dirigée par le Commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, l’UE a travaillé en étroite collaboration avec le secteur industriel pour renforcer les capacités de production. La Task Force a cartographié les sites de production et les capacités inutilisées dans toute l’Europe. Selon Thierry Breton, on devrait atteindre une capacité de production annuelle de plus de 3 milliards de doses d’ici fin 2021 et ainsi davantage réduire la dépendance à l’égard d’installations de pays tiers.

Enfin, la Task Force a préparé la dimension industrielle du plan européen de préparation en matière de biodéfense contre les variants du coronavirus – qui fait collaborer chercheurs, entreprises de biotechnologie et pouvoirs publics dans l’UE mais aussi à l’échelle mondiale pour détecter les nouveaux variants, promouvoir la mise au point de nouveaux vaccins adaptés, accélérer le processus d’approbation de ces vaccins et augmenter les capacités de fabrication. Les travaux menés ont permis d’assurer le démarrage rapide, dès mi-septembre, de l’Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA). La recherche et l’innovation seront un élément essentiel de l’HERA, qui entend promouvoir et soutenir le développement de technologies médicales, et qui mettra en place de nouvelles capacités de production pour aider l’Europe à réagir plus rapidement et mieux aux futures menaces sanitaires.

Une réponse mondiale : un vaccin à un prix abordable, pour tous, partout dans le monde

La crise sanitaire que nous traversons est avant tout mondiale. Si la priorité de la Commission est la santé des citoyens de l’Union européenne, elle veut également garantir un accès mondial au vaccin. Quand on voit qu’à l’échelle planétaire, moins de 1 % des doses administrées l’ont été dans les pays à faibles revenus, on ne peut que constater l’ampleur de l’injustice et le degré d’urgence.

À ce stade, l’UE a exporté la moitié des vaccins produits en Europe. « L’équipe Europe » (soit la Commission européenne, les États membres de l’UE et la Banque européenne d’investissement) a également apporté près de 3 milliards d’euros au mécanisme COVAX (un dispositif mondial d’achat de vaccins pour les pays à revenu faible et intermédiaire). Ce financement permettra de garantir l’approvisionnement d’au moins 1,8 milliard de doses en faveur de près de 100 pays d’ici la fin 2021. Pour compléter les efforts de COVAX, l’Équipe Europe a également l’intention de partager au moins 200 millions de doses de vaccins supplémentaires avec les pays à revenu faible et intermédiaire d’ici-mi 2022.

Rappelons que l’UE a levé près de 16 milliards d’euros depuis le 4 mai 2020 dans le cadre de la réponse mondiale au coronavirus en faveur de l’accès universel aux tests, aux traitements et aux vaccins et pour la relance. Par ailleurs, en mai 2021, la présidente Ursula von der Leyen a co-organisé, avec le premier ministre italien Draghi le premier sommet mondial sur la santé, au cours duquel les dirigeants mondiaux ont signé la déclaration de Rome sur la préparation et la prévention des pandémies futures.

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