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Migration : la coopération avec les pays tiers donne des résultats concrets !

La migration est une des priorités politiques de la Commission Juncker. Pour la première fois, un commissaire européen, M. Dimitri Avramopoulos, est chargé de ce portefeuille. Si la crise en Méditerranée a clairement montré les limites structurelles de la politique migratoire de l’UE et des instruments dont elle dispose, l’UE a réagi activement notamment en créant une Agence européenne de garde-côtes et de gardes-frontières qui dispose de moyens renforcés pour protéger les frontières. Mais une gestion humaine et durable de la migration demande également d’agir dans les pays d’origine afin d’y créer des conditions de vie et de développement favorables aux populations.

 

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S’attaquer aux causes des migrations

Face à un contexte géopolitique changeant, il est nécessaire d’adopter une approche équilibrée et durable et de s’attaquer aux défis migratoires à l’extérieur de l’UE. L’UE déploie des efforts diplomatiques intenses pour résoudre les crises telles que celles en Syrie et en Libye.

Dans le cas de la Libye, l’UE fournit un soutien politique, financier et logistique aux Nations unies pour mettre un terme à la crise politique et sécuritaire. En Syrie, l’UE, en plus d’être le principal donateur d’aide humanitaire et d’aide au développement, continue à jouer un rôle clé dans la mise en place et le travail du Groupe international d’appui pour la Syrie.

En parallèle, la dimension extérieure de la politique migratoire a aussi été fortement consolidée en renforçant la coopération avec les pays tiers et en investissant sur place.

Cette stratégie globale donne des résultats. En 2018, on a dénombré un peu plus de 150 000 arrivées sur le sol européen, soit une diminution de 90 % par rapport à 2015. En 2019, le nombre des migrants sur la route de la Méditerranée centrale (via l’Italie) a diminué de 80 % par rapport à 2017 et de 90 % par rapport à 2015.

En Méditerranée orientale (via la Turquie principalement), les flux ont diminué de 97 % par rapport à la période précédant la conclusion de l’accord avec la Turquie. Enfin, en Méditerranée occidentale (via l’Espagne), les arrivées ont augmenté de 41 % en 2019, par rapport à la même période en 2018.

Environ 50 000 personnes parmi les plus vulnérables ont été réinstallées en Europe depuis 2015. Les réinstallations offrent une voie sûre et légale à ceux qui ont besoin d’une protection internationale.

Le deuxième programme de réinstallation a été proposé par le président Juncker en septembre 2017 et prévoit 50 000 places (25 000 personnes ayant déjà été réinstallées) d’ici octobre 2019.

Un engagement renforcé avec les pays d’Afrique du Nord

Pour s’attaquer aux causes profondes des migrations, des instruments de financement innovants ont été mis en place : plus de 4 milliards d’euros ont été mobilisés par les institutions européennes, les États membres de l’UE et d’autres contributeurs au titre du Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, lancé en 2015.

À ce jour, 188 programmes, dotés de 3,6 milliards d’euros, sont consacrés à la promotion de la sécurité et de la stabilité ainsi qu’à l’amélioration de la situation des candidats à l’émigration dans les pays d’origine et de transit.

Grâce à ce Fonds, un accord a notamment été signé en décembre 2018 avec le Maroc. Il prévoit une enveloppe de 148 millions d’euros pour aider le pays à lutter contre la migration irrégulière. Cet accord comprend plusieurs programmes qui permettent de soutenir la gestion des frontières ou la lutte contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains.

Le plan d’investissement extérieur de l’UE, créé en septembre 2017, vise de son côté à mobiliser des investissements publics et privés pour améliorer le développement économique et social sur place, notamment dans les pays d’Afrique.

Il repose sur trois piliers : un pilier financier (Fonds européen pour le développement durable), d’un montant de 4,1 milliards d’euros, une assistance technique destinée à aider les bénéficiaires à mettre au point des projets viables sur le plan financier et d’un dialogue stratégique visant à améliorer le climat des investissements et l’environnement des entreprises dans les pays partenaires.

Parallèlement, 38 000 personnes ont bénéficié d’une aide au retour volontaire dans leur pays d’origine au départ de la Libye et du Niger en coopération avec le Haut-Commissariat aux réfugiés et l’Organisation internationale pour la migration.

Enfin, des progrès importants ont été accomplis pour améliorer la coopération avec les pays d’origine en matière de retour et de réadmission. Six nouveaux dispositifs ont été conclus depuis 2016 (dont la Guinée, l’Éthiopie, la Gambie et la Côte d’Ivoire), portant le total à 23.

Adopté en 2016, le «cadre de partenariat» pour les migrations en faveur de pays tiers, que la Commission a proposé et qui vise à renforcer l’action extérieure en matière de migration, permet d’exercer une plus forte pression lorsqu’un pays partenaire ne coopère pas suffisamment en matière de réadmission.

Mise en œuvre de la déclaration UE-Turquie

La mise en œuvre du plan d’action UE-Turquie a permis de diminuer de 97 % les arrivées en Grèce.

Selon cet accord, l’UE aide la Turquie, qui compte actuellement environ 4 millions de réfugiés sur son sol, à venir en aide aux réfugiés notamment syriens en finançant des projets humanitaires via la Facilité de l’UE en faveur des réfugiés en Turquie créée en 2015. La Facilité est financée par le budget de l’UE et les contributions des États membres. Elle vise à mobiliser un montant total d’environ 6 milliards d’euros.

Jusqu’à présent, 72 projets humanitaires ont été engagés avec 20 organisations humanitaires pour venir en aide aux réfugiés et autres populations vulnérables. La Facilité en faveur des réfugiés a permis à 635 000 enfants Syriens d’avoir accès à l’éducation, a contribué à la construction de 136 écoles et apporte une aide à plus de 1,5 million de familles parmi les plus vulnérables.

Sauver des vies en Méditerranée

Le sauvetage en mer a été la première priorité de l’Union européenne. Depuis 2015, les opérations européennes coordonnées par Frontex ont contribué à sauver plus de 750 000 personnes. Lancée en juin 2015, l’opération EUNAVFOR MED SOPHIA a pour mission de démanteler le modèle économique des passeurs et des trafiquants. Elle forme aussi la marine et les garde-côtes libyens. Le Conseil de l’UE vient de prolonger son mandat jusqu’au 30 septembre 2019 (à l’exception du volet naval).

Ces interventions, conjuguées au déploiement d’équipes d’intervention rapide aux frontières de Frontex en mer Égée, ont contribué à arrêter plus de 900 passeurs.

Les agences de l’UE, Europol, Frontex et Eurojust, ont accru leur capacité à lutter contre le trafic de migrants, par un renforcement de la coordination, des ressources supplémentaires et une présence permanente dans les États membres sous pression.

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