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L’Union européenne, idiot du village global ! Vraiment ?

L’UE est la première puissance commerciale mondiale. Elle promeut ses valeurs et défend ses intérêts dans la mondialisation. Elle joue un rôle de premier plan au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les accords qu’elle négocie au nom de ses 27 États membres assurent la réciprocité dans les conditions des échanges bilatéraux et mettent en place des règles pour encadrer la mondialisation. L’UE assure aussi une protection à ses frontières. Les partenaires commerciaux de l’UE la décrivent souvent comme un hippopotame : paisible en apparence, mais redoutable en réalité !

 

Une performance commerciale européenne bien meilleure qu’on ne le croit !

La supposée naïveté de l’UE en matière commerciale est contredite par ses performances. Dans un monde où la Chine affiche un excédent commercial croissant et où les États-Unis accusent en retour un déficit commercial abyssal, l’UE enregistre depuis une dizaine d’années un excédent commercial stable à hauteur de 16% des exportations mondiales. L’Europe a donc tout intérêt à défendre un système commercial stable, ouvert et fondé sur des règles. Forte des alliances solides nouées avec ses partenaires commerciaux, l’UE joue un rôle moteur dans la lutte contre le protectionnisme.

Des accords dont les entreprises françaises profitent !

L’accord de partenariat économique avec le Japon est particulièrement important pour le secteur agro-alimentaire de l’UE. En 2019, première année de mise en œuvre de l’accord, le vin fut l’un des produits dont les exportations vers le Japon ont le plus augmenté : +13,2% suite à la suppression du droit de douane japonais de 15 %. La France a notamment retrouvé sa place de premier exportateur de vin vers le Japon, supplantant ainsi le Chili.

En 2012, dans un contexte de difficultés sociales chez certains constructeurs automobiles, la mise en œuvre de l’accord UE-Corée du Sud pouvait représenter une source d’inquiétudes. Cependant, il s’est avéré que la catastrophe redoutée n’a pas eu lieu. Les voitures coréennes n’ont pas inondé l’Europe. En réalité, l’Europe a triplé – et la France quadruplé – ses exportations automobiles vers la Corée du Sud et résorbé le déficit commercial qu’elle avait jusque-là avec la Corée du Sud dans l’automobile.

Manque de réciprocité ? De moins en moins le cas !

La politique commerciale a souvent été accusée de naïveté parce qu’elle manquerait de réciprocité. En 2008, le président de la République avait tapé du poing sur la table parce qu’Alstom ne pouvait pas concourir au Canada alors que son concurrent canadien Bombardier remportait un marché similaire en Ile-de-France. Le CETA, l’accord de libre-échange que l’UE a négocié avec le Canada, a précisément mis met fin à cette asymétrie. L’UE a obtenu du Canada qu’il ouvre ses marchés publics aux opérateurs européens. Le « cas » Alstom-Bombardier ne pourrait plus se produire aujourd’hui et les entreprises européennes se trouvent en réalité dans une position plus favorables que les entreprises américaines sur le marché canadien.

Plus récemment, le même traitement fut obtenu avec le Japon, le Mexique, le Mercosur (communauté économique qui regroupe plusieurs pays de l’Amérique du Sud) et le Vietnam !

Par ailleurs, dans sa Communication de février 2021, la Commission défend l’affirmation d’une autonomie stratégique ouverte pour l’Union européenne. Elle repose notamment sur la mise en place de réponses plus fermes vis-à-vis de pratiques commerciales déloyales, sans pour autant renoncer au multilatéralisme et aux principes de libre-échange dans le respect de conditions de concurrence équitables.

Des accords qui, si besoin, protègent !

L’UE défend ses filières économiques sensibles et n’accepte l’ouverture aux échanges qu’à condition qu’ils s’effectuent dans des conditions justes et équitables. Près de 150 mesures anti-dumping et anti-subvention sont actuellement en vigueur. Elles permettent de lutter contre les pratiques commerciales déloyales. Beaucoup d’entre elles furent prises au plus fort de la crise de l’acier, où la surproduction mondiale conduisait certains de nos partenaires, notamment la Chine, à vendre à perte leur acier en Europe, menaçant de ce fait l’existence même de l’industrie européenne, pourtant modernisée et parfaitement compétitive. La Commission a alors instauré des mesures dont l’efficacité ne fait pas débat : pour les produits à base d’acier, les importations en provenance de Chine ont connu une baisse de l’ordre de 80%.

Depuis, l’UE a encore renforcé son arsenal de défense commercial et mis en place un mécanisme européen de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. Le 10 mars 2021, l’UE a également initié une nouvelle politique industrielle européenne qui devra permettre de soutenir nos secteurs de pointe, comme le numérique ou l’hydrogène.

Des mesures de sauvegarde peuvent également être appliquées lorsqu’une industrie est touchée par une augmentation imprévue, brutale et soudaine des importations. De telles mesures peuvent consister en des restrictions quantitatives à l’importation (contingents commerciaux) ou en des augmentations de droits de douane.

Une politique commune qui permet à l’Europe de projeter ses valeurs !

Les accords de libre-échange facilitent non seulement les échanges, mais promeuvent également les valeurs sociales et environnementales chères à l’UE.

Après l’ouverture d’un différend par l’UE, un groupe d’experts a confirmé que la Corée du Sud ne respectait pas ses engagements pris dans le cadre de l’accord de libre-échange avec l’UE en matière de droit du travail. Depuis lors, la Corée du Sud a ratifié trois conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT), modifié sa législation et adopté des lignes directrices qui devraient garantir que sa législation syndicale soit conforme aux standards de l’OIT. La république de Corée travaille sur la ratification de la quatrième convention en suspens.

Sur le plan environnemental, l’UE proposera que le respect de l’accord de Paris soit désormais considéré comme une composante essentielle des accords de libre-échange futurs.

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