L’UE ne fait rien pour l’Afghanistan ! Vraiment ?

La crise en Afghanistan a très vite été étroitement coordonnée au niveau européen entre les États membres, le service diplomatique de l’UE et la Commission européenne. L’Union européenne entend rester présente sur place pour apporter une aide humanitaire essentielle.

La crise en Afghanistan a très vite été étroitement coordonnée au niveau européen entre les États membres, le service diplomatique de l’UE et la Commission européenne. L’Union européenne entend rester présente sur place pour apporter une aide humanitaire essentielle.

Les évènements en Afghanistan ont mis en lumière la nécessité d’avancer sur le sujet de l’Europe de la défense. Josep Borrell, le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et Vice-président de la Commission européenne, estime nécessaire de développer l’autonomie stratégique de l’UE. « Ce n’est plus une option », a également déclaré le Commissaire européen Thierry Breton, chargé du marché intérieur et des questions de coopération industrielle en matière de défense.

Grâce aux efforts conjoints de l’UE et des États membres, 17 500 personnes ont pu être évacuées. D’autres solutions sont actuellement en discussion pour permettre aux Afghans qui sont en danger d’être évacués (dans le respect de la résolution des Nations unies 2593). Six États membres ont demandé l’activation du Mécanisme européen de protection civile pour obtenir un soutien financier s’agissant des rapatriements de citoyens européens notamment.

Poursuivre l’aide humanitaire

L’Afghanistan se trouve aujourd’hui dans une situation tragique. C’est d’ailleurs le premier pays bénéficiaire de l’aide humanitaire européenne. Et l’Union européenne entend continuer à soutenir les Afghans. Depuis 1994, l’UE a versé plus d’un milliard d’euros à l’Afghanistan, aide qui transite via des partenaires (agences de l’ONU, ONG, Croix-Rouge). La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a annoncé au G7 fin août, son intention de quadrupler l’aide humanitaire issue du budget de l’UE, ce qui reviendrait à un total de 200 millions d’euros pour 2021. Ce budget doit aider les Afghans dans le pays, mais aussi ceux qui se trouvent dans les pays d’accueil. L’Union européenne a appelé au respect par le régime taliban de tous les engagements pris notamment la cessation des violences, le respect des droits humains et en particulier des femmes, de l’état de droit et de la démocratie mais aussi la lutte contre la corruption, la prévention de l’utilisation du territoire afghan par les organisations terroristes, la lutte contre le trafic de drogue…

Poursuivre le dialogue politique

Sans reconnaitre le nouveau gouvernement, il est nécessaire de maintenir le dialogue politique pour faire vivre nos intérêts et nos valeurs. Le niveau d’engagement de l’UE dépendra néanmoins de la réceptivité du nouveau régime aux conditions fixées par l’UE.

Une plate-forme politique de coopération régionale avec les pays voisins pour discuter des enjeux que pose la situation actuelle en Afghanistan (migration, terrorisme, crime organisé, trafic de drogue…) va aussi être initiée.

S’agissant de la question migratoire, les États membres ont également émis le souhait d’une approche commune y compris s’agissant des questions de sécurité[1].

La Commission européenne va organiser prochainement un Forum de discussion à haut niveau pour organiser les réinstallations dans l’UE. L’UE est prête à soutenir financièrement les États membres qui s’engageraient à accueillir des Afghans.

Tirer les leçons politiques

Les évènements en Afghanistan nécessitent d’en tirer des leçons. Si la défense reste un élément de souveraineté dans la main des États, la nécessité d’agir davantage ensemble semble aujourd’hui largement partagée.

Les sujets de réflexion ne manquent pas : en premier lieu les capacités. Le Fonds européen de défense (FED), créé en 2020, est doté d’un budget de 8 milliards d’euros sur la période 2021-2027. Le FED est l’instrument phare de la Commission pour soutenir la coopération en matière de défense en Europe. Il cofinance des projets collaboratifs de recherche et de développement des capacités avec pour objectif de renforcer la souveraineté technologique de l’UE et son autonomie stratégique. Il s’agit aussi de définir une doctrine (décider ensemble quand, sur quel théâtre, et pourquoi agir) et de développer une capacité d’intervention militaire, en particulier.

Plus d’informations

Aide au développement, Commission européenne

Service européen pour l’action extérieure

Le Fonds européen de défense

Sur le mécanisme européen de protection civile

[1] réunion des ministres européens de l’intérieur du 31 août

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